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MAGNÉSIUM DANS LE CYCLE DES CULTURES

Le magnésium dans la nutrition des plantes est souvent oublié et les pénuries ont des conséquences négatives sur la croissance de la plante. Néanmoins, chaque variété a des besoins différents, à chaque étape du développement.

Céréales

 

Répandues dans le monde entier, les céréales sont connues pour la facilité de leur culture et leur faible exigence en fertilisation. Elles nécessitent néanmoins une certaine quantité de nutriments afin de maintenir un bon rendement et une qualité de récolte satisfaisante. Le magnésium participe notamment au transfert des sucres des tissus foliaires aux grains lors du remplissage de ces derniers. Les apports magnésiens des céréales sont d’environ 15 à 30 kg MgO/ha/an en fonction du rendement et de la fourniture du sol.

Pour les céréales d’hiver, le magnésium est absorbé entre la fin du tallage et la floraison. Les apports sous forme d’oxyde sont à anticiper en amont de cette période, en automne, alors que les formes de sulfates sont à apporter soit au sol avec des granulés à partir de la fin de tallage, soit en foliaire à partir de la fin de montaison.   

Pour les céréales de printemps, les formes oxydes sont à appliquer quelques mois avant le semis, tandis que le sulfate de magnésium granulé doit être apporté peu de temps après le semis et celui sous forme foliaire lorsque la dernière feuille est apparue.

 

Sources : Values calculated from the Comifer PKMg table ; INRA « le magnésium en agriculture » 1992

Colza

 

Exigeant en soufre, le colza n’en est pas moins consommateur en magnésium. En effet, une fois sa période hivernale achevée, la plante rentre dans une période de croissance intense. Dés lors, son activité photosynthétique augmente et sa surface foliaire se développe. Etant le cation central de la chlorophylle, la demande en magnésium augmente ainsi de manière significative au cours de cette période.

Les apports en magnésium sont de l’ordre de 15 à 35 kg MgO/ha/an selon le rendement et la teneur en MgO du sol. Ce dernier peut être apporté sous forme oxyde au semis en automne pour une libération lente tout au long du cycle de culture ou sous la forme sulfate de magnésium. Ce dernier peut être épandu via un granulé au sol. Il est généralement apporté dans ce cas là en sortie d’hiver juste avant la période clé d’absorption, tandis que l’apport sous forme foliaire est réalisé lorsque les besoins du colza en magnésium sont au plus haut, c’est à dire entre la fin de montaison et la floraison.

 

Sources : Values calculated from the Comifer PKMg table

Betterave sucrière

 

La Betterave sucrière correspond à l’une des cultures les plus exigeantes en fertilisation, et notamment en magnésium. En plus de couvrir une surface large avec ses tissus foliaires, la Betterave nécessite une importante quantité de nutriments pour permettre un développement suffisant de sa racine. Le magnésium joue un rôle essentiel dans la richesse en sucre de la Betterave car il favorise le transport des sucres des feuilles vers les racines. 

Les apports magnésiens s’étalent de 35 jusqu’à parfois 90 kg MgO/ha/an selon le rendement et la richesse du sol. Il peut être apporté par un oxyde de magnésium quelques mois avant le semis ou par un sulfate de magnésium après le semis. La forme de granulés appliqués au sol doit être épandue peu de temps après le semis alors que la forme foliaire peut être pulvérisée à environ 70% de couverture.

 

Sources : Values calculated from the Comifer PKMg table ; INRA « le magnésium en agriculture » 1992

 

Pomme de terre

 

La pomme de terre est une culture qui nécessite une attention particulière tant au niveau protection que nutrition. En effet, la formation d’un système foliaire dense puis de tubercules la rend très consommatrice en nutriments. Le magnésium  a plusieurs effets : il participe à la croissance des tissus aériens en début de cycle puis au développement des tubercules ainsi qu’à leur conservation post-récolte. Il est donc essentiel durant toute la période de culture.

Les apports en magnésium de la pomme de terre sont estimés entre 20 et 40 kg MgO/ha/an en fonction du rendement et de la fourniture sol. Il peut être apporté sous forme oxyde quelques mois avant le semis ou sous forme sulfate une fois la culture semée. Le sulfate de magnésium granulé doit être apporté dans les premières semaines après le semis, tandis que l’apport sous forme foliaire est à effectuer lors de l’apparition des premières inflorescences jusqu’à la floraison.

 

Sources : Values calculated from the Comifer PKMg table ; INRA « le magnésium en agriculture » 1992

 

Maïs

 

Plante parmi les plus cultivées au monde, le maïs possède un cycle de développement rapide aboutissant à une biomasse importante. C’est une plante ayant un métabolisme photosynthètique en C4, lui permettant entre autres de mieux résister aux climats arides. Néanmoins, cela induit un coût énergétique plus important que pour les autres cultures. Le magnésium, en plus de son implication dans la croissance des tissus foliaires via la photosynthèse, est également un co-facteur dans l’activation d’un grand nombre d’enzymes, notamment énergétiques. Ainsi, il participe à la production d’énergie pour répondre aux besoins physiologiques du maïs.

Le maïs nécessite un apport de 20 à 50 kg MgO/ha/an selon le rendement de la culture et la teneur en Mg du sol. Le magnésium peut être apporté sous forme oxyde plusieurs mois avant le semis afin de laisser au produit le temps de libérer du magnésium assimilable pour la culture une fois semée. Il peut être également apporté sous forme de sulfate, en granulé dans les jours qui suivent le semis ou par voie foliaire une fois ses feuilles suffisamment développées, c’est-à-dire entre le stade 10 feuilles et le stade panicule visible dans le cornet.

 

Sources : Values calculated from the Comifer PKMg table ; INRA « le magnésium en agriculture » 1992, RN’BIO